« Bazouam » à Grand-Bassam !

30 mai 2017 PAR
Grand-Bassam. C’est cette ville hautement historique, artistique et touristique de la Côte d’Ivoire qui accueille pour deux mois l’exposition-photo « Bazouam ».

Si vous vous rendez à Grand Bassam en venant d’Abidjan, il vous sera difficile, presqu’impossible de ne pas voir les artisans qui, depuis près de 40 ans, exposent leurs œuvres à l’entrée de la ville. C’est pour magnifier ces artisans que les photographes et cinéastes Dorris Haron Kasco et Armand Gauz’ ont réalisé cette expo-photo composée d’une soixantaine de portraits. La particularité de cette expo, c’est que les œuvres sont exposées dans la rue, à l’endroit même où travaillent ces braves artisans.

Ainsi depuis le 27 avril, cette galerie à ciel ouvert non seulement accueille les amoureux de l’art ; mais aussi pose la problématique de la (mince) frontière entre l’artiste et l’artisan. En effet, avec cette exposition, les photographes Dorris Haron Kasco et Armand Gauz’ se sont donné une double mission : inviter à la réflexion sur la frontière entre l’art et l’artisanat et mettre au premier plan ces artisans qui, depuis des décennies, valorisent la culture ivoirienne à travers leurs sculptures, leurs bijoux, leurs bronzes...

Cette fois, il ne suffit pas seulement d’acheter ; il faut aller plus loin, au-delà de la simple relation acheteur-vendeur. Il s’agit pour cette exposition, de forcer le contact humain, d’ouvrir les yeux sur ces hommes et femmes qui suent sang et eau pour notre confort et dont le travail anime la ville-village de Grand-Bassam. C’est pourquoi, ces portraits fixés avec des troncs de cocotiers de Bassam, positionnés de part et d’autre de la route, mettent en évidence ceux qui transpirent pour donner vie aux bois, au bronze, à l’ivoire à la magnétite et à tout autre matériau susceptible de devenir une œuvre d’art.

C’est donc un véritable hommage que rendent Dorris Haron Kasco et Armand Gauz’ à la ville-village et à tous ses artisans.

Du portrait de Amina, la jolie petite espiègle qui met du baume au cœur et adoucit l’ouvrage de son père à celui du vieux Adama qui compte un savoir-faire hors du commun en passant par Mariam, Hamed, Idriss,… chaque portrait a sa force et pousse à découvrir au plus vite le suivant.

« Bazouam », c’est 1 km de rire, de découverte, d’émerveillement, d’invitation, de rencontres. Car cette exposition est avant tout une expérience humaine tant les portraits disséminés çà et là incitent à entrer dans les stands, à rencontrer ces personnes formidables, drôles, fières, courageuses et déterminées mais aussi leurs formidables œuvres qui ne laisse personne indifférent par leur beauté, leur utilité et l’ingéniosité mis en place pour les réaliser.

Alors, n’hésitez plus ! Foncez ! Et vivez cette belle expérience avec tous ces fiers artisans qui perpétuent leur art depuis des générations.

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