Où en est la décision contre les « tchatchos » ?

27 juillet 2017 PAR
On connaît tous l’engouement de nos sœurs pour le teint clair. Et peu importe qu’il soit terne, tacheté, « zébré » ou même cireux. L’essentiel, c’est d’être clair.

Pourtant, on en connaît aussi les risques :

brûlures cutanées et dermatoses infectieuses ;

irritations, démangeaisons, varices et vergetures ;

- acnés et tâches sombres, hyperpilosité et odeurs corporelles nauséabondes, troubles de la pigmentation… ;

taux élevé de risques de diabète, d’hypertension artérielle et de certains cancers de la peau ;

plaies inguérissables, complications rénales et neurologiques ;

infections néonatales chez la femme enceinte ;

atrophie ou mort de la peau qui ne peut plus se régénérer ;

affaiblissement de la peau qui ne peut plus lutter contre les maladies ;

- amincissement de la peau qui occasionne des problèmes de cicatrisation ;

- cycles menstruels irréguliers et problèmes osseux, les corticoïdes empêchant la consolidation des articulations.

C’est pourquoi le 29 avril 2015, on a applaudi des deux mains la décision du conseil des ministres de l’époque de « rationnaliser la fabrication et l’usage des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle afin de sauvegarder la santé publique ». En clair, un groupe pour veiller à ce qu’il n’y ait plus d’« effet lumière », ni de « faiseurs de miracles » pour envoyer lentement et sûrement la population à la mort.

Une décision appuyée, le 12 mai de la même année, par l’arrestation de deux opérateurs économiques exerçant à la zone industrielle de Koumassi. Reconnus coupables d’avoir fabriqué (intentionnellement) des produits…éclaircissants, ils ont été condamnés à trois mois de prison assortis de sursis et une amende de 1.000.000 FCFA. Une première en Côte d’Ivoire !

Après cette condamnation, on s’attendait à voir disparaître les 12m2 de publicité vantant l’action rapide de tel ou tel produit éclaircissant !

Mais, que nenni !

Plus de 3 ans après, les publicités pullulent toujours autant sur les affichages grand public que sur nos écrans de télévision.

Au mépris donc de la décision du 29 avril 2015 et accessoirement de leur santé, les Ivoirien(ne)s continuent à se « gratter » la peau pour enlever cette fichue mélanine qui les rend si noir(e)s au vu et au su de tous !

Les cosmétologues et fabricants improvisés continuent tranquillement d’ « aider » ces personnes si mal dans leur peau, à réaliser leur rêve : devenir clair, à défaut d’être carrément blanc ; sans qu’aucune sanction ne leur soit appliquée !

Après donc le décret 2013-327 du 22 mai 2013 censé interdire la production, l'importation, la commercialisation, l'utilisation, et même la simple détention de sacs plastiques et dont on recherche activement la date de mise à effet concrète ; voilà une autre décision qui vient enrichir le cimetière des résolutions non tenues en Côte d’Ivoire.

Peut-on encore crier à l’indignation ?

*tchatcho : terme congolais pour parler des produits éclaircissants

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