Les lèkès toujours aussi likés

10 juillet 2014 PAR

Fabriquées en Auvergne il y a 50 ans, ces sandales en plastique d’aspect gélatineux appelées méduses, vont très tôt séduire le monde entier.

Les lèkès toujours aussi likésArrivées en Côte d’Ivoire, alors colonie de l’AOF, les méduses ou sarraiziennes (du nom du village d’origine, Les Sarraix, dans la vallée de la Durolle), sont appréciées pour leur résistance à la moisissure et aux moussons tropicales. Elles deviennent très rapidement les chaussures par exellence des activités champêtres.

Après les avoir adoptées, les Ivoiriens vont leur refaire les papiers et leur changer de nom. Ainsi, une génération les baptisera "S’en-fout-de-l’eau", une autre "Bakari", ou encore "Dawa sport" et récemment "Lèkè". Je me rappelle qu’à l’école catholique St Augustin de Yamoussoukro, les Lèkès ont joué un rôle important en permettant de masquer les différences sociales.  Aussi, le fils du fonctionnaire d'État et celui de son chauffeur pouvaient-ils se mélanger sans complexe dans la cour de récré. 

Dans les années 90, on se souvient que les stars du zouglou en ont fait leurs chaussures fétiches : Polo Ralph Lauren, Jeans 501 sur lèkè et "à nous aller pour la capitale".

C’est peut-être pour ces raisons que la génération 80 à laquelle j’appartiens en parle avec autant de nostalgie. Heureusement pour nous, on peut encore en trouver et toujours aussi moins chères sur les trottoirs d’Adjamé. Médusés ?

par CHAYEINE THANKOUMAN, Ecrivain 2.0 et poète urbain pour Yéyémagazine

A lire aussi