Baïkoko, danse ou acte sexuel ?

16 janvier 2015 PAR

Croix de bois, croix de fer, la Tanzanie ne vous attirera plus seulement pour ses safaris exceptionnels. Si vous trouvez que le twerk américain est provoquant et même quelque fois choquant, vous resterez sûrement sans voix face au baïkoko tanzanien.

La Tanzanie fait partie des pays les plus prisés par les amateurs de safaris ; car sa vaste flore est peuplée par l'une des plus importantes concentrations d'animaux sauvages au monde : zèbres, gnous, singes, antilopes, lions, guépards, girafes, buffles, gazelles, flamands roses... Cette destination, trésor naturel vivant, accueille chaque année de nombreux touristes qui y vont, non plus avec des fusils mais plutôt avec des appareils-photos, pour immortaliser ces animaux qui nous semblent d’ordinaire si inaccessibles.

Ça c’est la carte postale officielle de la Tanzanie. Passons maintenant à la découverte, non moins plaisante (à vous d’en juger) d’une danse tanzanienne qui ne figure sur aucune brochure touristique.

BA-Ï-KO-KO !!!

Depuis quelques temps, la danse qui agrémente les soirées "hot" de Dar-Es-Salam est le baïkoko ; cette danse supposée être sensuelle dont le but "avoué" est d’inciter à l’acte sexuel. Elle se présente comme un mélange très "hot" de Mapouka ivoirien et de twerk américain. Apparu au début des années 1990 dans la région de Digo Tanga, le baïkoko est une danse exclusivement réservée aux femmes pour montrer leurs meilleurs déhanchements suggestifs et lascifs. Cette danse a surtout pour but de rappeler les étapes de l’initiation des filles à l’âge adulte. En effet, dans la culture swahilie, le mot désigne, à la fois, un ensemble de rituels et les styles de musique et de danse qui sont associés à ces différents rituels. Traditionnellement, ces cérémonies se font sur plusieurs jours afin que les femmes âgées enseignent la sexualité et la vie conjugale aux jeunes filles en âge de se marier. Cependant, de danse traditionnelle, le baïkoko s’est invité dans tous les coins chauds de la capitale tanzanienne.

On en perdrait presque son latin

Dès lors, il n’y a plus une seule piste de danse, digne de ce nom, qui n’accueille les prouesses de plus en plus osées des danseuses de baïkoko. Toutes les jeunes filles veulent prouver aux autres, leur expertise en matière d’"art du lit". Alors, on mime l’acte sexuel dans toutes ses positions, un vrai tableau de kama-sutra ; à la seule différence qu’il est vivant ce tableau-ci. Parfois, on frise même la vulgarité : on relève la robe ou la jupe, on baisse le slip et on fait semblant ??? de faire l’amour. Très prisés, les groupes de baïkoko se produisent également dans les mariages ou, et c’est le plus surprenant, très souvent comme attraction supplémentaire pour des événements religieux.

A l’origine de ce phénomène, un jeune homme du nom de Juma Hussein, mieux connu sous le pseudonyme de "Maya". Avec son groupe, les Super Maya Baikoko, il a su imposer cette danse régionale. C’est donc fort de ce succès que d’autres groupes se sont développés pour faire du baïkoko, la nouvelle danse en vogue du pays et même des villes frontalières du Kenya.

Bon à savoir

Le nom Baikoko provient de deux mots swahilis : "Baï" qui se traduit par la fin, la dernière chose, et "Koko" qui est le noyau du fruit. Ces deux mots mis ensemble, donnent Baïkoko : "le noyau qui reste, la dernière chose à être dégustée…". Et comme on sait que la fin d’une chose est souvent meilleure que son début ; alors, à bon entendeur…

Chimène Désirée

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