« Rira bien qui rira le dernier »

27 septembre 2015 PAR

Quatre jours. C’est le temps qu’aura duré le coup d’État militaire au Burkina Faso. Quatre jours pendant lesquels le général Diendéré a endossé la fonction de chef d’État du « pays des hommes intègres ». Quatre jours pendant lesquels le président Kafando, l’armée et le peuple burkinabè n’ont sans doute pas manqué de penser, en leur for intérieur : « Rira bien qui rira le dernier ».

L’existence de ce proverbe, qui sied particulièrement bien à la situation sociopolitique ayant prévalu au Burkina Faso ces derniers jours, est attestée depuis le XVIIe siècle. Néanmoins, c’est véritablement au XXe siècle que celui-ci entre dans le langage courant, comme en atteste ce passage de la « Vengeance du père Jourgeot »,tiré des « Rustiques, nouvelles villageoises »(1921), de Louis Pergaud : « Toi, mon ami, pensa Jourgeot, tout en souriant aimablement, tu vas un petit peu trop loin, mais rira bien qui rira le dernier ». Au départ, on utilisait cet adage pour parler d’une personne qui se flatte de succès dans une affaire où l’on compte l’emporter sur lui. Aujourd’hui, il désigne l’état d’esprit d’un individu victime de moqueries ou qui se sent floué, et signifie que la partie est loin d’être terminée, qu’il compte bien prendre sa revanche ou voir les événements tourner en sa faveur et rire à son tour de son bourreau.

Chimène Désirée

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