Pourquoi je déteste les fêtes de fin d’année

18 décembre 2015 PAR
Hourra c’est bientôt Noël, cette fête qui ouvre le marathon des réjouissances de fin d’année. L’effervescence commence à se faire sentir, nos chères têtes blondes comptent les jours, les rues se parent d’illuminations, le RBV (Rouge-blanc-vert, à ne pas confondre avec notre OBV national) reprend ses droits dans les vitrines des magasins et des commerces, sur les affiches et les panneaux publicitaires ; on commence à penser au menu des réveillons (celui de Noël et celui du Nouvel An), on cherche les bons plans affaires pour des cadeaux sympas et pas trop ruineux, on stresse à l’avance, pour ces dames, à l’idée de la prise de kilos qui accompagne inévitablement les excès des repas de fêtes, mais après tout ce n’est pas si souvent que l’on se retrouve réunis en famille ou entre amis pour pareille occasion…

Et pourtant, moi, je déteste les fêtes de fin d’année.

Pas parce qu’elles correspondent à une période de dépenses effrénées et de réjouissances obligées. Pas parce que le climat se rafraîchit radicalement et que la poussière de l’harmattan s’infiltre partout en invitée non désirée amenant avec elle son lot de maladies et désagréments saisonniers. Pas parce que les commerçants profitent de l’ouverture de la chasse aux cadeaux et aux denrées alimentaires pour faire prendre l’ascenseur au prix de leurs produits. Pas parce qu’en décembre on observe une recrudescence des vols à la tire, des braquages et autres joyeusetés. Pas parce qu’entre les installations des luminaires en ville, les travaux de voirie et les mouvements pendulaires accentués par les allées et venues des uns et des autres, la ville tout entière s’engorge de monstrueux embouteillages. Pas du fait des graves accidents qui se produisent à cause de la consommation abusive d’alcool… Pas parce qu’il faut chercher (et trouver) le ou les cadeaux qui feront plaisir, la tenue et la coiffure qui vont bien, et jongler entre le boulot, les préparatifs des fêtes et la tenue de la maisonnée.

C’est vrai, tout cela pourrait vraiment faire détester les fêtes à plus d’un(e)…

Mais finalement, moi, la seule raison pour laquelle je déteste Noël, ses fanfreluches, falbalas et tralalas en tous genres, c’est parce que chaque année on est « obligé » de vivre et faire les mêmes choses : l’élaboration du menu, les dépenses, la décoration du sapin et la customisation de la maison et du jardin aux couleurs RBV, les cadeaux, les embrassades, les bonnes résolutions…

Toujours, toujours la même routine, dans une atmosphère de liesse automatisée qui finit par sonner faux.

Je déteste les fêtes de fin d’année pour leur caractère dicté et imposé ; pour ce côté impersonnel qui bride la spontanéité et fige un sourire de cire sur nos visages prétendument réjouis.

Toujours, toujours la même rengaine, jusqu’aux programmes télé, constitués de énièmes rediffusions thématiques au manque d’originalité affligeant.

Toujours, toujours la même rengaine, toute cette nourriture et ces boissons dont on se gave joyeusement comme des dindes (de Noël), mais fort heureusement, la publicité se sera chargée de nous fourguer l’eau Vichy qui fait digérer et l’Alka-Seltzer en même temps que le chapon, les huîtres, le saumon, le foie gras et tout l’habituel bataclan.

Autant de règles préétablies auxquelles nous nous soumettons en bons petits soldats de la consommation, tout heureux de dépenser et de voir notre panse s’enfler à mesure que notre porte-monnaie fond, lui, à vue d’œil, nous laissant entamer la nouvelle année sur la paille. Puis vient l’heure du bilan, des résolutions que cette année non plus, on ne tiendra pas, comme la énième répétition d’une pièce de théâtre qui se joue chaque fois avec les mêmes acteurs et les mêmes spectateurs.

En fait je déteste la routine et les réjouissances imposées. Voilà pourquoi je les déteste, ces fêtes de fin d’année.
Aude Fadiga

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