La Saint-Valentin vue par les ados

Saint-Valentin par ci, Saint-Valentin par là… Tout le monde n’a que ces mots à la bouche ! À croire que le temps ne s’écoule que pour converger vers la date fatidique du 14 février. Positive ou négative, chacun a sa petite idée sur cette journée rouge passion. Rien que pour vous, chers Yéyénautes, les impressions d’une ado ivoiro-canadienne de 15 ans.

Depuis quelque temps, la majorité des chaînes de télévision nous assomment à longueur de journée de films romantiques, aux dénouements heureux et surfaits, comme pour rappeler aux célibataires endurcis leur éternelle solitude. Ces « divertissements » sirupeux, dégoulinants d’amour et de bons sentiments, ne font que nous rappeler l’approche de cette fête ennuyeuse et inutile qu’est la Saint-Valentin. Pour ma part, je trouve assez surfait cet événement dont le seul but semble de remplir les poches des restaurateurs et des fleuristes. Pourtant, certaines personnes y attachent une importance particulière. Les sentiments qu’inspire cette fête ne sont pas dans la demi-mesure : soit on aime, soit on n’aime pas. Et comme vous avez pu le remarquer, en ce qui me concerne, je n’aime pas !

Par contre, j’ai pris la peine de recueillir l’opinion de quelques ami(e)s afin de mieux cerner ce phénomène.

En fait, je pense qu’il y a trois groupes de personnes qui aiment la Saint-Valentin :

D’abord, ceux qui aiment cette fête par simple logique : c’est la fête de l’amour alors il faut l’aimer. Question de bon sens.

Ensuite, ceux qui partent du principe que la Saint-Valentin fête l’amour au sens large, et non forcément le seul couple. Pour eux, c’est donc l’occasion de faire plaisir à tout le monde (parents, enfants, amis, et même ennemis… enfin vous voyez le style). Du coup, je peux comprendre l’enthousiasme de ce genre de personnes par rapport à la Saint-Valentin qui, prise dans son sens large, me semble tout de suite plus noble : en s’amusant à envoyer des cartes à la terre entière et à propager l’amour avec des accolades et de douces paroles, elles confèrent un côté positif et réconfortant à cette fête dont certains se sentent parfois exclus.

Enfin vient le troisième groupe, que j’appelle « groupe de la honte ». Ceux-là n’aiment la Saint-Valentin que pour son côté matériel. Je m’explique. Dès le début du mois de février, on remarque cette catégorie de personnes férocement à l’œuvre afin de s’assurer que leurs copains ou leurs maris ont pensé à leur acheter les cadeaux dont elles n’ont pas besoin, mais qu’elles veulent absolument se faire offrir. Je dis « elles » parce que, soyons honnêtes, ce sont majoritairement des femmes qui se comportent de la sorte. Selon leur perception des choses, on pourrait ainsi en déduire que « c’est la fête de l’amour, alors prouve-moi que tu m’aimes en m’offrant un iPhone 6S, un kit de maquillage MAC et une montre en or. Et n’oublie pas les fleurs et le dîner dans un restaurant cinq étoiles ! » Alors certes, ces personnes-là aiment beaucoup la Saint-Valentin, mais pas pour les bonnes raisons. Un paradoxe d’autant plus flagrant que ce sont ces même bonnes femmes bassement matérialistes qui font le plus preuve d’avarice lorsqu’elles doivent à leur tour se fendre d’un cadeau. En somme, elles veulent recevoir les étoiles (et même la lune si possible), mais ne donnent que des miettes en retour.

Ensuite, parmi ceux qui n’aiment pas la Saint-Valentin, on trouve deux catégories de personnes :

  • La première catégorie, dont je fais partie, pense unanimement que cette fête est surfaite. De nos jours, on a tendance à oublier la signification profonde des événements, et pour ma part, je trouve que la Saint-Valentin a été dévoyée à des fins purement commerciales. En cette période de l’année, on ne peut rentrer dans un magasin sans être assailli par des tonnes de boîtes de chocolats et de cœurs rouges. Partout, ce n’est que réductions et promotions sur les parfums pour femme, les cartes de souhaits et les bouquets de fleurs. Je suis bien consciente qu’il faut fêter l’amour, mais selon moi, c’est tous les jours qu’on devrait le célébrer, à traversdes gestes simples et de petites attentionscomme l’offrande d’une fleur. Imposer ces pratiques avec un jour spécial rend les choses moins… spéciales, et bien moins spontanées. Ça devient une obligation plus qu’autre chose et je trouve que tout le stress généré par cette obligation de « prouver » son amour à tout prix (et plus ce prix sera élevé mieux ce sera…) rend la Saint-Valentin inintéressante et matérialiste. D’ailleurs, de nombreux couples décident de ne pas la fêter afin que les attentions perdurent naturellement, ce que je comprends tout à fait. Et que dire de ces programmes télévisés totalement dépassés ! À l’approche de la fête de l’amour, les gens n’ont d’autre choix que de se voir imposer des films à l’eau de rose qu’ils ont déjà vus cent fois, ou des dessins animés. Pour moi, le choix est vite fait ! Et encore, même les dessins animés commencent à sentir la guimauve, conditionnant des enfants encore innocents à une pratique devenue majoritairement commerciale. Pour moi, l’amour a tout simplement perdu une partie de son romantisme. C’est principalement pour ça que je n’aime pas cette mascarade. Je pense que quiconque veut vraiment prouver son amour, que celui-ci soit amical ou amoureux, peut tout à fait y parvenir sans fête ni prise de tête.
  • Les gens de la deuxième catégorie sont un peu plus difficiles à cerner, car ils nient totalement ne pas aimer la Saint-Valentin, mais en ont été dégoûtés par la force des choses. Il s’agit de ces hommes qui, après avoir fréquenté un certain nombre de femmes appartenant au « groupe de la honte », ont fini par en conclure que « Saint-Valentin = restau + cadeau + grand jeu et tout le tralala = dépenses fulgurantes = problèmes ». Ces gens-là se méfient de ces réjouissances socialement établies comme de la peste, leur imputant tous les blocages financiers du mois de février. Je comprends l’aversion qu’ils ont pour cette fête, et aussi que cela ne soit pas facile à assumer du fait de la forte pression sociale autour de la Saint-Valentin. Mais j’espère tout de même qu’un jour, ils finiront par y voir quelques bons côtés, ou tomberont sur une femme qui préfère répandre l’amour plutôt que d’exiger qu’on lui offre des bijoux.

Pour conclure, je dirais que l’on aime ou déteste souvent la Saint-Valentin en fonction de sa situation matrimoniale, et que souvent aussi, on ne s’en soucie tout simplement pas. Mais qu’on le veuille ou non, la Saint-Valentin est inévitable et de plus en plus institutionnalisée, et le plus simple est encore de respecter le bonheur de ceux qui l’aiment et qu’elle rend heureux…

Alors malgré tout, et du fond du cœur, une bonne Saint-Valentin à tous !

Doriane Kouakou pour Yéyémagazine

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