Ma très chère Jolina…

Pourquoi s’exposer délibérément sur les réseaux sociaux, plus particulièrement sur Facebook et se plaindre après quand on utilise ces infos pour nous nuire ? C’est la question que pose Christelle Ahossi à son amie Jolina.

« Lettre ouverte à ma Copine Jolina, la plus belle de Facebook, femme au grand cœur… »

Franchement ma copine, je trouve que ça manque d’élégance et de sérieux, quand tu taxes de “ragoteurs“ tous ceux qui épiloguent sur ton canapé d’angle vert fluo acheté très cher chez Roche Bobois ou sur ton sac MiuMiu acheté sur le Boulevard Haussmann lors de tes dernières vacances à Paris.

Tu revendiques à tue-tête la liberté de t’exprimer et au nom de cette liberté d’expression, tu étales tous les compartiments de ta vie sur Facebook.

Ainsi, vois-tu ? Personne n’invente rien. Tout Abidjan sait que tu portes du Lise Charmel ou du Simone Pérèle sous tes vêtements. Je n‘ose pas me demander dans quelles conditions ils l’ont su.

Le retour de bâton sera de plus en plus sévère parce que tu deviens sys-té-ma-ti-que-ment victime de l’exhibitionnisme que tu cultives… Victime innocente, victime “consentante“ ou victime coupable ?

Mais au fond, de quoi te plains-tu ?

Si chacun est libre de s’exprimer, pourquoi veux-tu priver les gens de participer à ce “kongonssa“* de luxe ? La Liberté que tu revendiques serait-elle à sens unique ?

Des fois, l’hôpital se fout vraiment de la charité…

Sur Facebook, nous sommes tous dans un vaste reality show où chacun campe un rôle plus ou moins étudié.

Aujourd’hui, je suis partagée entre le ras-le-bol et la pitié dete “voir“ tout le temps crier la méchanceté du genre humain, la mesquinerie du genre féminin.

Pour la énième fois, je voudrais te rappeler ce que tu sais déjà :

  • Le loup est déjà dans la bergerie : il utilise sans scrupule la naïveté qui se dégage de tes “posts“ afin d’en abuser. Dieu seul sait de quelle manière et à quelle fin…
  • Le diable n’a pas toujours des cornes : tu sais ta nouvelle copine, Miss Like… tu devrais t’en méfier. J’ai peur de l’intérêt soudain qu’elle te porte, vu la haine farouche qui l’a opposée à l’autre…

Je te regarde complètement “broke“ à cause des revers de Facebook, mais refusant de te rendre à l’évidence. Je regarde ce monde, cette vie, cette société dans son état actuel et j’ai envie subitement de faire une confession publique: Au risque de me voir lancer la pierre, ou d’être traitée de rabat-joie, je considère aujourd’hui Facebook comme un fléau et je pèse mes mots.

Sans regretter mes choix antérieurs, j’avoue que si je devais retourner en arrière, je m’inscrirais en Faculté de Psychologie ou de Sociologie… pour le plaisir de pouvoir produire un article scientifique sur « Les dangers de l’exhibitionnisme en réponse à la liberté d’expression».

J’espère qu’un jour tu comprendras.

En attendant je t’invite à méditer ces mots de Rabelais, «Science sans conscience n’est que ruine de l’âme».

Amicalement.

*kongonssa : en argot ivoirien (le nouchi), ensemble de rumeurs colportées sur une personne

*broke : expression anglaise pouvant se traduire par abasourdi

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