Kenya, pays responsable !

06 septembre 2017 PAR

C’est une première en Afrique. Jamais Cour suprême, ni Conseil constitutionnel n’avait osé se mettre à dos un président sortant en invalidant sa réélection. Et pourtant les juges de la Cour suprême kenyane l’ont fait.

L’invalidation des résultats de l’élection présidentielle du 8 août dernier au Kenya et l’injonction de reprendre ce scrutin le 17 octobre 2017 par la Cour suprême a eu l’effet d’un véritable séisme. Personne, peut-être pas même, Raila Odinga ne s’attendait à ce que le recours déposé le 18 août pour « fraude d’une gravité monumentale » ait un tel dénouement.

La surprise est d’autant plus grande que depuis l’accès à l’indépendance des pays africains, il y a plus d’un demi-siècle, aucune élection n’a jamais été annulée. La Cour suprême kenyane devient donc un cas de jurisprudence.

Pour l’heure, les raisons officielles de cette annulation n’ont pas encore été rendues publiques. Mais de source officieuse, il ressort que par cette décision, la Cour suprême a surtout voulu éviter que se reproduisent les massacres interethniques qui avaient suivi l’élection présidentielle de 2007.

Quoiqu’il en soit, il a fallu beaucoup de courage aux juges de la Cour suprême kenyane pour aboutir à l’invalidation des résultats de ce scrutin présidentiel.

Espérons que les autres pays, surtout africains, prendront exemple sur la haute instance juridique kenyane.

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