Africab Vs TaxiJet : à qui revient la palme ?

05 juillet 2016 PAR
Africab et TaxiJet. Deux noms de service qui commencent à s’implanter dans les mœurs des Ivoiriens. Si TaxiJet peut se targuer d’avoir déjà un an d’existence et de répondre en moyenne à la demande de près de 150 Abidjanais par jour, il faut reconnaître qu’Africab, avec ses quelques mois d’existence, entend bien s’imposer dans le cœur des Abidjanais. Pour ce faire, Africab et TaxiJet ne cessent de communiquer sur les innovations qu’ils entendent apporter au secteur des transports à Abidjan (et même à l’intérieur du pays). Et croyez-le, en termes de communication, bien malin qui saurait les départager. Ainsi, pour couper court à toutes ces spéculations, Yéyémag a décidé (d’essayer) de tester ces deux services pour vous. Alors, Africab Vs TaxiJet, à votre avis qui gagne le match ?

·         Expérience Africab

Lundi 27 juin 2016 : j’ai tellement entendu parler d’Africab et si souvent croisé ces voitures jaunes et noires flanquées du logo « Africab » que je décide d’essayer ce service. Première étape : m’inscrire avant toute réservation. D’après ce que j’ai compris, j’ai le choix entre une inscription en ligne via www.afri-cab.com, l’application mobile sur Android et IOS, ou encore le téléphone, en composant le 9955 ou le 56 96 66 56. Ça commence bien : on me laisse le choix et j’aime ça ! J’opte donc pour l’application mobile. Et là, premier souci : cette app’ est très lourde (25,61 Mo) et je n’ai pas autant d’espace de stockage disponible sur mon Smartphone et ma carte mémoire. Je me rabats donc sur le site. Je renseigne la fiche et une notification me signale qu’un code de validation de mon numéro de téléphone sera envoyé sur mon portable. Soit, patientons donc… mais 10, 20, 30 minutes s’écoulent et toujours aucun code à l’horizon. Je reprends la souscription en changeant de nom et prénom (j’en ai plusieurs) et là bingo ! Presqu’instantanément, le code arrive. Soulagée, je valide mon numéro et peux maintenant passer à la phase pratique de ma réservation où je dois donner les détails de mon trajet. Afin de m’aider à renseigner mon lieu de départ et d’arrivée (du boulevard du 7 décembre, en Zone 4, jusqu’à la cité Mamie Adjoua à Yopougon), des repères s’affichent, auxquels on peut même ajouter des indications pour être plus précis. Passée cette étape, il faut choisir son type de véhicule (les particuliers ont le choix entre un BlackCab et un PrestiCab). J’effectue donc une simulation de réservation pour les deux types : dès que les renseignements demandés (type de voiture, date et heure de départ) sont inscrits, le coût du trajet s’affiche automatiquement. Et là je me rends compte que les berlines d’Africab ne s’appellent pas PrestiCab pour rien : le BlackCab est en effet bien plus économique (8 400 FCFA contre 24 400 FCFA). Mais en même temps, il faut reconnaître qu’on n’a pas droit au même confort qu’avec un PrestiCab où des boissons sont gracieusement mises à disposition par la maison. Maintenant, il faut confirmer la réservation. Chose que je m’empresse de faire et là, une notification s’affiche me demandant soit d’avancer l’heure de mon départ de 15 minutes soit de la repousser d’une heure, vu qu’aucune voiture n’est disponible à l’heure souhaitée. Aucune des deux propositions ne me convenant, je décide donc de surseoir à mon expérience avec Africab… jusqu’au lendemain.

Jour 2 : je décide de réserver via l’application mobile. Pour cela, je dis adieu à certaines des applications déjà installées sur mon Smartphone afin de libérer l’espace nécessaire au téléchargement. Voilà, c’est fait ! Déjà inscrite sur Internet, je n’ai plus qu’à m’identifier pour réserver. Mais là où ça se corse, c’est qu’il faut que je localise mon point de chute à l’aide d’une carte. Imaginez mon désarroi, moi qui ai déjà du mal à me situer dans l’espace ! Fort heureusement, en cliquant sur « Suivant », on peut spécifier son adresse. J’effectue donc ma réservation pour le lendemain à 17h30. Et là, un tarif incroyable s’affiche : 3 600 FCA, soit 4 800 FCFA de moins que le tarif indiqué sur Internet. En même temps, j’ai lu un article sur Africab qui affirme que la première réservation à partir de l’appli donne droit à une réduction. Peut-être suis-je l’heureuse bénéficiaire de cette arrangeante opération marketing ? Je confirme donc ma réservation. Automatiquement, un code s’affiche pour m’informer que celle-ci a bien été prise en compte. Mais à ce prix, pourquoi attendre le lendemain pour concrétiser mon expérience ? Je décide donc de le faire le jour-même (à 9h05 précisément) puisqu’il est possible de modifier la date.

17h05 : coup de fil d’Africab. La charmante voix de l’hôtesse au bout du fil m’annonce qu’il y a un petit réajustement sur le coût du transport. Ainsi, des 3 600 FCFA du matin qui m’avaient littéralement fait sauter au plafond, je me retrouve, 25 minutes avant mon heure de départ, à 8 400 FCFA (comme sur Internet). Que croyez-vous que j’ai fait ? J’ai purement et simplement annulé ma réservation ! C’était décidément trop beau pour être vrai… : bénéficier du confort d’un voyage en voiture climatisée avec tablette à bord et payer même moins que l’arrangement en taxi (4 000 FCFA), il faut vraiment être moi pour y croire !

·         Expérience TaxiJet

Mercredi 29 juin, 11h45, je décide de tester le service. Je me rends donc sur le site www.taxijetci.com, qui m’annonce que j’ai deux options pour réserver : une application mobile, et un espace dédié en ligne où je peux également consulter mon historique et recharger mon compte. Il y a aussi un centre d’appel ouvert 24h/24 et 7j/7 pour répondre à toutes mes préoccupations. OK ! On va donc essayer la réservation en ligne. Mais 5 minutes plus tard et après plusieurs vaines tentatives, je décide de contacter le call center pour relever ce fait. Un message préenregistré me donne les différents chiffres (1, 2, 3, 4) à taper pour joindre les services et comme je ne sais qui, du conseiller-clientèle ou du service technique, est en mesure de régler mon problème, j’abandonne cette option pour essayer l’application mobile disponible sur App Store et Google Play. Cette application occupe 21,36 Mo sur le Smartphone. Je m’inscris donc et me lance. Aussitôt, le GPS me localise (Zone 4, rue du 7 décembre). On me demande de choisir le type de véhicule (taxi, Classic, VIP). J’opte pour un taxi et vois s’afficher la mention « aucun véhicule disponible ». J’essaye donc VIP : même réponse. A priori, je n’ai guère le choix. J’opte donc pour un véhicule de type Classic et on me donne le temps d’attente estimé pour l’arrivée du véhicule : 24 minutes (si la réservation se fait bien sûr). Ensuite, je dois renseigner ma destination. Je décide d’utiliser la carte car elle est si précise que je pourrais presque y distinguer mon domicile. C’est donc sans problème que je retrouve ma destination. Petit souci : comment sélectionner ? Toutes mes tentatives ayant échoué, j’en reviens à écrire mes coordonnées. À ce niveau, il faut choisir en fonction des repères proposés. Mais comme la carte, tout Abidjan y est représenté. Une fois ma destination choisie, on me calcule automatiquement la course. Cela fera 5 420 FCFA. Le hic, c’est que je n’ai pas encore fini mon service et il n’y a pas de possibilité de réservation. Avec TaxiJet, comme on dit à Abidjan « c’est en même temps, en même temps ! »

·         Conclusion

Les deux services entendent révolutionner le secteur des transports à Abidjan. Mais à la réflexion, et après avoir eu un aperçu des coûts pour différentes destinations (jusqu’à 80 000 FCFA pour rejoindre Assinie… soit quasiment le prix d’un billet d’avion pour San Pedro… je dis ça je dis rien hein…), je pense qu’ils sont destinés à une certaine frange (majoritairement minoritaire…) de la population : les nantis, les expatriés et les touristes. Car, dans un pays où encore près de 46 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 500 FCFA par jour), débourser 8 400 FCFA (Africab) ou 5 420 FCFA (TaxiJet) pour un trajet qui coûterait 4 000 FCFA maximum en taxi-compteur semble assez exorbitant. Mais que ne ferait-on pas pour goûter au confort que proposent ces deux services ?

Rachel Flore

A lire aussi