Koumassi : quel est le véritable problème ?

13 juin 2017 PAR
Depuis quelques années, la saison des pluies est devenue un véritable cauchemar pour les populations abidjanaises et surtout pour les habitants de Koumassi. Car si pour les autres quartiers, passée la pluie, les eaux s’écoulent ou s’assèchent, à Koumassi, les eaux stagnent, finissant par rendre le quartier impraticable et carrément invivable. Yéyémag a rencontré M. Wayoro, Directeur de cabinet du maire N’Dohi Raymond, pour situer les responsabilités.

Dès l’entame de notre rencontre, M. Wayoro a situé les six (6) points critiques de la commune : l’entrée du cabinet du maire, les pharmacies St François et St Louis, la pharmacie Marais, Sopim, le terminus de bus 32 et la ligne 13. Car malgré tous les efforts déployés par la mairie, ces endroits finissent toujours par être inondés de nouveau. Face à cette situation, des experts mandatés pour faire l’état des lieux ont non seulement fait les constats suivants ; mais aussi situé les responsabilités :

  1. Le point critique à l’entrée du cabinet du maire

Le réseau enterré part du quartier Mairie, traverse les boulevards Caire et Gabon, passe par le quartier Mosquée puis l’ancien Remblais 1 pour se rejeter au niveau de la rue H13 après la pharmacie Soleil dans un autre réseau enterré menant au quartier Remblais Koumassi Marcory.

Ce réseau enterré est en maints endroits bouché sur son parcours, d’où le refoulement massif des eaux usées au niveau de la rentrée du cabinet du maire. Son entretien incombe à la Sodeci Assainissement.

  1. Le point critique des pharmacies St François et St Louis

L’état désagréable au niveau desdites pharmacies est dû au fait que le réseau enterré devant évacuer les eaux pluviales est devenu obsolète et obstrué par endroits. Ainsi, il n’est plus à même d’évacuer convenablement toute la flotte arrivant à ce carrefour d’où la situation désastreuse que nous connaissons à cet endroit.

Ce réseau enterré a donc besoin d’un entretien systématique de la part de la Sodeci. Aussi, passant par le carrefour de la pharmacie St Louis jusqu’à l’exutoire au pont d’Anoumabo, il est rejoint par celui de Baradji.

Ce dernier présente une buse effondrée au niveau de la pharmacie St Louis et son exutoire dont le curage incombe à l’ONAD est totalement noyé, ce qui explique la dégradation très avancée du tronçon de voie à ce niveau.

  1. Le point critique de la pharmacie Marais

Le réseau passant par la pharmacie Marais pour se rejeter à l’exutoire derrière Marie Dominique au quartier Divo est un réseau entièrement enterré dont l’entretien relève de la Sodeci Assainissement. En cas de pluie, les eaux ont du mal à s’écouler car les avaloirs sont bouchés le long de la voie.

  1. Le point critique au niveau de Sopim

A ce niveau, le réseau enterré partant du carrefour à l’hôpital du quartier Divo est entièrement en charge, d’où la stagnation permanente des eaux sur la chaussée dégradée.

  1. Le point critique du 32

Le réseau d’eaux pluviales est en charge. Malgré la libération de l’exutoire par la mairie, l’eau stagne en permanence au niveau des hôtels Recul et Goly. Le réseau enterré est défaillant et a besoin d’être remplacé.

  1. Le point critique de la ligne 13

Le passage sous-voie ne fonctionne pas et a donc besoin d’une intervention de la part de Sodeci assainissement.

Après lecture du rapport des experts, l’on est bien obligé de reconnaître que l’état de dégradation avancée de la commune de Koumassi ne relève pas forcément de l’incapacité de l’équipe municipale. Mais même si des grandes entreprises telles Sodeci assainissement sont indexées, la population de Koumassi a, elle aussi, une grande part de responsabilité dans l’état de la commune.

D’abord, les constructions sans prévision de puits d’évacuation des eaux usées. En effet, à Koumassi, on croirait que les maisons sont construites sans véritable plan-directeur. Pas ou peu d’habitations ont des réseaux d’évacuation d’eau. Pire encore, certaines constructions sont carrément posées sur les puits perdus, les bouchant complètement. Résultat, les eaux de pluie ne trouvant pas de passage, stagnent là où elles sont tombées : dans les cours ou sur le bitume.

Ensuite, l’incivisme des populations. Les rares canalisations de la commune sont bouchées par les habitants eux-mêmes qui y déversent des eaux usées non filtrées. Résultat, les déchets comme les sachets, les éponges et surtout… les bouteilles en plastique finissent par obstruer ces canaux qui ne peuvent plus écouler l’eau.

C’est pourquoi, depuis quelques temps, l’équipe municipale avec à sa tête le maire N’Dohi Raymond, multiplie les rencontres avec les structures concernées pour l’assainissement de sa commune. En marge de ces réunions, des campagnes sont menées pour sensibiliser la population quant à l’importance de ne pas boucher le réseau d’évacuation.

Selon le maire, l’assainissement de la commune coûterait près de 20 milliards FCFA. Comment faire quand le budget alloué est de 500 millions FCFA par an ? Fort heureusement, dans son discours du Nouvel an, le président de la République Alassane Ouattara avait annoncé un vaste programme de réhabilitation et de développement des voiries du District d’Abidjan notamment dans les communes de Yopougon, Abobo et Koumassi.

Espérons qu’à Koumassi, ces travaux contribueront à résoudre définitivement les problèmes d’assainissement de la commune.

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