Le sexe en couleur

09 mai 2014 PAR

Les préjugés les plus tenaces émaillent la conception que se fait l’homme de la femme de race différente.

Ainsi, que l’on soit blanc ou noir, les femmes noires et blanches sont présentées sous des jours différents, du moins pour ce qui est de l’attirance sexuelle. Pour le blanc, la femme noire, c’est la voluptueuse à la sexualité débridée ; celle sur qui l’on peut se défouler à l’envie. En revanche pour le noir, la femme blanche évoque la romantique, l’amante idéale.

Acte sexuel ou acte raciste ?

Ces deux approches semblent faire le lit de conceptions racistes de l’acte sexuel. Mais d’où vient-il que l’on en arrive à introduire la notion de race dans la vie sexuelle? Cela s’explique par le fait que la sexualité porte en elle les marques de nos conceptions culturelles, de notre histoire. Les noirs et les blancs ne se sont véritablement rencontrés qu’il y a à peine cinq siècles. L’un, comme maître et l’autre, comme esclave. Et si le maître a pu longtemps se défouler sur la pauvre négresse, il a pris le soin de préserver la pureté de ses femelles. Si bien que pour le noir, posséder une blanche est un véritable challenge et pour le blanc, aller avec une noire offre la garantie de donner libre cours à ses fantasmes les plus bas.

Expérimenter l’exotisme sexuel

Toutefois, ce serait une erreur de s’enfermer dans ces visions qui, hélas , expriment la triste réalité, au point de ne jamais songer offrir à ses sens la possibilité de vivre des expériences d’amour différentes de celles que notre culture nous permet de vivre. La vie sexuelle est une richesse et en explorer les différentes facettes peut être gratifiant. Alors, référons-nous à ce que nous pouvons appeler l’exotisme sexuel. Le jeune européen, est à coup sûr, autant attiré par le corps épicé de la femme noire que le jeune africain rêve de la crinière diaprée qui coule avec grâce sur les épaules laiteuses de la blonde. Pourtant, à l’expérience, les points de vue peuvent être très divergents. Les blanches seraient froides pour certains noirs, tandis que pour d’autres, elles auraient un commerce plus alléchant. Et celles qui ont pu mettre la main sur le cavalier blanc jurent qu’elles lui procurent des sensations dont il n’aurait jamais pu faire l’expérience au-delà des tropiques.

Sexe sans couleur

Il y a toutefois des hommes qui restent à équidistance des deux camps. Ceux pour qui, l’appétence sexuelle qu’une femme peut susciter n’est pas fonction de la couleur de sa peau mais de son habileté à pratiquer l’art du lit. Et si, au lieu de nous torturer les méninges, nous cherchions plutôt à améliorer nos manières au lit ? Car dans le fond, ce sont nos propres conceptions du sexe qu’il conviendrait de changer parce que la place que l’on attribue à la sexualité de couple semble prendre le pas sur toute autre forme de confort moral ou psychologique. Il y a une course effrénée aux expériences sexuelles les plus folles. Il semble donc opportun de se demander si la satisfaction sexuelle peut être tributaire de l’amour. La femme que l’on aime est-elle à même de nous procurer plus de plaisir sexuel que celle que nous désirons simplement comme objet sexuel ? Si nous penchons pour la seconde idée, c’est qu’il y a une grande part d’humanité en nous qui est en train de foutre le camp. 

Hyacinthe Menan pour Yéyémagazine

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