Toute première fois…

28 septembre 2015 PAR
La première fois… hé, Dieu, quelle affaire ! On a tout vu, tout lu, tout entendu sur le sujet, mais au final on n’y est jamais vraiment préparé(e). À moi, certain(e)s avaient dit que je ressentirais une petite douleur ; d’autres que ce serait comme si je mourais et ressuscitais tant le plaisir serait intense (d’ailleurs, j’ai appris plus tard qu’on appelle aussi l’orgasme « petite mort »). Bref, je pensais être prête, dans ma tête et sur le papier, bien documentée, bien au fait de la chose… mais la concrétisation de cette expérience a balayé toutes mes belles certitudes.

Il s’appelait Alfred, c’était mon gars depuis quelques mois. Nos seuls gestes de tendresse depuis, c’était se prendre la main, se faire des bisous et des sourires timides. Et puis un jour, il a décrété que si je l’aimais vraiment, il fallait qu’on passe aux choses sérieuses. Ça a coupé mon cœur, je ne savais pas quoi faire.

J’en ai parlé à ma copine Méli. Elle m’a dit que pour que ça soit chic, il fallait que je sois prête dans ma tête et dans mon corps. Donc j’ai commencé à me documenter, laisser l’idée faire son chemin, et au bout de quelque temps, j’ai dit à Alfred que j’étais prête. Le gars était mal content ! On a fixé ensemble le jour et l’heure, mais comme on habitait encore chez nos parents, on ne savait pas où aller pour le faire tranquillement. Certainement pas chez son ami kpakpato* qui se ferait un plaisir d’en parler au Tout-Abidjan. Encore moins dans le studio de son frère : pour qu’il aille baver ensuite que j’étais une fille facile, non merci ! En gros on n’avait pas le choix : c’était l’hôtel ou rien. Comme on voulait faire ça bien, on a sacrifié nos maigres économies et bravé les regards méprisants des adultes à la pharmacie au moment d’acheter les préservatifs. Ceux-là vraiment : ils te font la morale comme quoi c’est important, et quand tu prends de bonnes résolutions, ils sont encore là à te juger. À se demander ce qu’ils veulent à la fin, tchrourrr !

Bref, le jour J, on s’est rendus à l’hôtel à la nuit tombée. Alfred est entré le premier et je l’ai suivi tête baissée pour ne pas qu’on me reconnaisse ; dans nos quartiers-là tu ne sais jamais sur qui tu peux tomber et qui va aller gâter ta réputation ensuite. J’ai laissé Alfred faire la réservation : j’avais trop honte que le réceptionniste me regarde mal, lui aussi.

Une fois dans la chambre, je me suis assise tout habillée au bord du lit. J’avais peur, je ne savais pas quoi dire ni quoi faire. Alfred est venu vers moi, il a pris ma main et a commencé à la caresser gentiment comme pour me rassurer. C’était la première fois qu’il se montrait si prévenant. Ensuite, il m’a allongée sur le lit et s’est mis à m’embrasser un peu partout. Puis doucement, il a retiré mes vêtements un à un. Je tremblais. De froid ? De peur ? D’émotion ? Jusqu’aujourd’hui, je ne sais pas. Il m’a laissée en sous-vêtements et je suis rentrée sous les draps en même temps. Je me sentais maladroite, j’avais honte de mon corps et ne voulais pas qu’il me voit toute nue. Il s’est déshabillé à son tour… intégralement. Quand j’ai vu son sexe dur et dressé, j’ai mis la couverture sur ma tête en me disant : « Wouh ma fille : tu as cherché, tu as trouvé* ». Bien sûr, j’avais déjà vu des garçons nus, mais jamais un homme, un vrai. Il m’a rejoint dans le lit, m’a ôté mes sous-vêtements et… en 10 minutes, c’était fini.

Je suis restée plantée là, les joues et l’entrejambe en feu, prise de vertiges et de tremblements, à me demander si c’était là la fameuse première fois dont on faisait tout un foin. Alfred, lui, souriait d’un air béat, comme s’il découvrait le monde qui l’entourait pour la première fois. Apparemment, les quelques ondulations de bassin maladroites que nous venions d’échanger suffisaient à son bonheur. Il s’est rhabillé et m’a dit que nous ferions mieux d’y aller histoire de ne pas payer de supplément. En quittant la chambre, j’ai senti le rouge me monter une fois de plus aux joues devant la petite tâche, rouge elle aussi, qui maculait le drap.

Voilà, c’était fait : j’avais perdu ma virginité. J’étais une femme à présent, une vraie go, quoi. Pourtant je ne pouvais m’empêcher de me poser des questions :

- Est-ce comme ça que toutes les premières fois se passent ?

- Qu’est-ce qu’on ressent la première fois ? Est-ce grave si l’on n’éprouve pas de plaisir ? Et comment gérer la suite ?

- Comment faire en sorte que cette première expérience se passe au mieux ?

Voilà mes chers amis, le récit de ma toute première fois. Pas vraiment l’extase, mais je m’en suis remise et ai atteint bien des fois le 7e ciel depuis. Je ne sais pas comment cela s’est passé pour vous, mais si vous voulez m’en parler n’hésitez pas : je me ferai un plaisir de vous lire et de vous répondre. Une première fois ce n’est pas anodin, ça peut conditionner une vie sexuelle pour le meilleur comme pour le pire. D’ailleurs ce n’est pas par hasard que j’ai choisi cette étape déterminante de la sexualité pour inaugurer ma rubrique. Alors… en espérant que cette première fois-là marque le début d’une longue et fructueuse série de sexy chroniques, je vous dis à tout bientôt mes choux, pour de nouvelles aventures aux couleurs du désir et du plaisir !

*Kpakpato : personne qui aime les commérages, qui s’occupe beaucoup de ce qui ne la regarde pas, qui aime cafter et dire des ragots.

*tu as cherché, tu as trouvé : expression populaire ivoirienne
Shishi la sulfureuse

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