Dois-je rejeter ma fille ado et enceinte ?

05 juillet 2017 PAR
Je suis une dame d’une quarantaine d’années. Mon union avec mon époux n’a pas été de tout repos. Dès le début de ma relation avec leur fils, mes beaux-parents n’étaient pas passés par quatre chemins pour me dire qu’ils désapprouvaient le fait que leur fils m’ait choisie, moi, comme compagne. Ils auraient préféré son ex qui était issu du même milieu social qu’eux.

Enfant unique, j’avais perdu très jeune mes parents et mes oncles et tantes m’avaient dépouillés de tout bien. N’eut été la compassion d’une tante éloignée, je serai sans doute morte de faim. Ma tante, vendeuse de fruits au marché, n’avait pas de grands moyens, mais avec elle, je n’avais manqué de rien. A sa mort, j’ai repris son commerce ; j’avais une vingtaine d’années. Et c’est quelques temps après que je fis la connaissance de celui qui deviendrait plus tard mon époux.

Bref, après notre mariage, j’éprouvais des difficultés à enfanter. Pour mon mari et moi qui rêvions d’avoir une grande et belle famille, cette situation était vraiment difficile à supporter. Entre les injures de ma belle-mère et les critiques à peine voilées de mes belles-sœurs, je ne savais où mettre la tête. Le comble, c’est que les médecins avaient déclaré que le problème venait de moi. Ils avaient aussi dit qu’il existait un traitement, mais il était long, coûteux et éprouvant. Mon mari était dubitatif, mais moi, je n’ai pas hésité une seconde. J’étais prête à tout pour porter un enfant. Les années passant sans le moindre cri de bébé à la maison, mon mari, écoutant sa famille, a commencé à fréquenter une femme dehors. Celle-ci, très féconde, lui a donné en cinq ans, trois garçons. Mon mari était aux anges même s’il affirmait n’être amoureux que de moi et attendait avec impatience la naissance de notre enfant. Je vous assure que j’ai ressenti chaque accouchement de cette femme comme un grand coup de couteau qu’on me plantait en plein cœur.

Jusqu’au jour béni où mon gynécologue m’a confirmé une grossesse. J’étais tellement heureuse que j’en pleurais. Enfin, Dieu avait entendu mes prières. Moi, la femme qu’on disait stérile, j’allais aussi donner naissance à un enfant. Et quand au 5ème mois, on m’annonça que j’attendais une fille, j’étais doublement comblée : j’allais avoir un enfant à moi et j’allais donner à mon mari, la fille que l’autre femme n’avait pas pu lui donner ! Pour mon mari, ce fut un bonheur indicible. Avec cette grossesse, j’avais retrouvé l’homme que j’avais aimé : amoureux, tendre, prévenant et à mes petits soins.

Je vous épargnerais les détails de ma difficile grossesse. A l’accouchement, les choses se sont mal passées et après avoir sorti l’enfant ; on m’a retiré les deux trompes. Je ne pourrais plus donc jamais faire d’enfant. Alors, tout mon amour de mère, je l’ai reporté sur ma fille. Je ne vous cacherais pas que ma fille, je l’ai choyée à l’extrême ; comme on dit, je l’ai pourrie gâtée. Rien n’était assez beau, ni assez coûteux pour elle. Pire encore, je ne lui interdisais rien. A l’adolescence, elle a commencé à sortir et à rentrer comme bon lui semblait. Cela ne me plaisait pas, mais tant qu’elle avait de bonnes notes en classe, je ne m’en formalisais pas. De plus, je me réconfortais en me disant que cette période passerait ; l’adolescence passe toujours. Et même quand son père la réprimandait, je prenais toujours sa défense et lui trouvait des situations atténuantes. Maintes fois, son père m’a prévenu : si ma fille tombait enceinte, ce serait soit la porte pour elle, soit la porte pour moi. J’ai toujours trouvé qu’il exagérait. Ma fille, je la pensais responsable.

Et voilà qu’à 14 ans, lors d’une visite de routine chez le gynécologue, je viens d’apprendre que ma fille, ma princesse, mon petit bébé porte une grossesse de 4 mois. Comment l’annoncer à son père ? A coup sûr, il mettra sa menace à exécution. Me mettre à la porte ? Pas question ! Maintenant que j’ai goûté au bonheur conjugal, je ne suis pas prête à perdre ce foyer où j’ai vécu tant d’humiliations et de souffrances. Accepter qu’il mette ma fille dehors ? Autant me mettre à mort tout de suite ; car jamais je n’accepterai de laisser partir le bébé que j’ai attendu pendant de si longues années !

Que faire donc ?

Shishi la sulfureuse

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