Quand les gbakas et wôrôs-worôs gèrent notre argent…

09 octobre 2017 PAR
Pour s’autoproclamer gestionnaire à Abidjan et s’octroyer le droit de réduire, voire vider les bourses des braves populations, il suffit juste d’avoir un véhicule de transport en commun.

Se déplacer à Abidjan coûte cher. Cela fait même l’unanimité. Les nombreuses personnes qui empruntent encore des transports en commun y consacrent souvent jusqu’à 1/3 de leurs revenus mensuels. Mais comme si cela ne suffisait pas, les chauffeurs de transport en commun ont décidé de nous appauvrir un peu plus en fixant des critères ahurissants de détermination du prix des courses. Et si vous pensiez tous aux embouteillages, laissez-moi vous dire qu’ils ont trouvé encore mieux.

La détermination du tarif selon le prix du litre du carburant

Eh oui ! Désormais, il faut aussi compter avec le prix du litre de carburant. Ainsi, quand le prix du litre grimpe, les transporteurs font monter les enchères. Et quand il baisse, les tarifs des transports, eux, ne déclinent pas d’un sou.

Les fractions de trajet

Pour expliquer cette nouvelle combine, deux illustrations s’imposent :

Les wôrôs-wôrôs*

Pour rallier Angré à Cocody en wôrô-wôrô, le tarif officiel est de 300 FCFA. Mais aujourd’hui, on peut pratiquement payer le double du tarif. Pour cause, les transporteurs ont trouvé une belle arnaque : morceler le trajet. Ainsi, aux heures chaudes (heures de pointe notamment), ces véhicules vous prennent à Angré et vous déposent aux II-Plateaux pour la coquette somme de 250 FCFA. Là, vous vous retrouvez à dépenser encore 250 FCFA pour emprunter un autre wôrô-wôrô (sinon le même) pour finir le reste du trajet. Résultat des courses, vous claquez 500 FCFA là où seulement 300 FCFA auraient suffi. 

Les gbakas*

Pour le trajet Adjamé "liberté"-Abobo "gare", qui en principe coûte 200 FCFA, la même stratégie sera appliquée. Vous paierez 200 FCFA pour le mini-trajet Adjamé "liberté"-Plateau Dokui ; puis le même montant du Plateau Dokui à Abobo "gare". Surtout, ne comptez pas sur l’"apprenti" pour vous prendre en pitié ; il exigera plutôt de vous la monnaie exacte avant de monter à bord de "son" véhicule.

Face à tous ces agissements, que faire ? Car bon gré, mal gré, on ne peut se passer de ces nouveaux gestionnaires de nos poches.

*wôrô-wôrô : Taxi intercommunal de transport en commun

*Gbaka : Mini car de transport en commun

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