Que devient l’école ivoirienne ?

Le 11 septembre 2017 était le jour officiel de la rentrée scolaire en Côte d’Ivoire. Pour cette raison, écoles, collèges et lycées ont été pris d’assaut par les apprenants et leurs parents qui, malgré un pouvoir d’achat sans cesse décroissant, ont fait face à leurs responsabilités. Ainsi, frais et fournitures scolaires, uniformes ont été pris en charge.

Tout va donc bien, dirait-on, au niveau de l’école ivoirienne. Il suffit, pour s’en convaincre, de consulter le taux de réussite des examens à grand tirage : Certificat d’études primaires et élémentaires (CEPE) (80,98%) ; Brevet d’études du premier cycle (BEPC) (60,08%) ; Baccalauréat (44,97%). A noter que tous ces taux sont en hausse par rapport à ceux de l’année dernière. De plus, le taux de scolarisation ne cesse de croître d’année en année. En clair, un état satisfaisant de notre éducation nationale, défendu avec hargne par nos dirigeants.

Mais, cette bonne santé de notre système éducatif peut-il survivre à une analyse rigoureuse ?

En effet, le but de l’école n’est pas simplement d’être fréquentée par des élèves mais plutôt de bien former les hommes de demain. Des hommes qui, de par leurs qualités et leurs connaissances pourront favoriser et soutenir le développement de la Côte d’Ivoire.

Les infrastructures scolaires…

Pour atteindre ce but, il faut des infrastructures scolaires en nombre suffisant. Malheureusement, l’école publique qui accueille le plus grand nombre d’élèves en Côte d’Ivoire est en situation flagrante de déficit. Parce qu’avec le taux de pauvreté assez élevé de notre pays (46,3%), la grande majorité des parents ne peuvent se payer le luxe d’inscrire leurs enfants dans les écoles privées. Ce qui entraîne une surpopulation scolaire dans les établissements publics qui se traduisent par des effectifs de 90 à plus de 100 élèves par classe au primaire et 60 à 80 au secondaire.

Impossible dans ces conditions, pour l’instituteur ou le professeur d’accomplir son œuvre d’instruction et de formation. Car les effectifs les moins rigoureux pour permettre à un enseignant d’exercer convenablement sont de 20 à 30 élèves au primaire, et 30 à 40 au secondaire. Pourtant, au pays, nos classes plus que surpeuplées ne nous empêchent pas de faire passer nos élèves en classe supérieure.

Un niveau de connaissances médiocre…

En conséquence, le niveau d’études de la plupart de nos enfants ne correspond pas avec leur niveau réel de connaissances. A cet effet, il n’est pas rare de tomber sur un élève de CM2 qui ne sait même pas lire une phrase en français ; ou un élève de 3ème qui est incapable de faire une dictée de niveau 6ème. Et que dire des élèves de Terminale qui s’expriment en langage SMS !

Pourtant, malgré ces insuffisances et lacunes de nos élèves, on enregistre chaque année, des taux croissants de réussite aux différents examens nationaux ; là où devrait se poser véritablement la question de la portée de nos diplômes et de leur compétitivité à l’international.

Il faut de la volonté politique

Il faut donc que toutes les énergies et tous les moyens de l’Etat s’attaquent à ce problème. Pourquoi ne pas amputer sur le budget de fonctionnement de certaines institutions comme, par exemple, celle du Grand Médiateur de la République ? Tout cela pour dire qu’il faut une réelle volonté politique ; car il y va de l’avenir et du développement de notre pays.

Des programmes scolaires à revoir…

Il faut aussi impérativement moderniser nos programmes scolaires pour les mettre en adéquation avec l’évolution de ce siècle. Prenons simplement le cas des cours d’informatique ! Combien d’établissements scolaires publics disposent de salles de TIC ? Dans ces conditions, comment peut-on associer des cours pratiques à la théorie ?

Bon salaire = bon enseignant

Un autre problème de l’école ivoirienne : la démotivation de nos enseignants. Démotivation causée par des salaires qui ne sont pas à la hauteur du travail abattu. Car, il ne faut pas oublier que l’éducation tient une part importante dans le développement des nations. Il faudrait donc que les enseignants soient rémunérés conséquemment.

Respect et dialogue…

Par ailleurs, ceux qui ont la gestion de l’école ivoirienne doivent éviter les dysfonctionnements. C’est pourquoi, le ministère en charge de l’éducation doit privilégier la bonne gouvernance par le respect rigoureux des frais de scolarité dans tous les établissements publics. Et surtout promouvoir le dialogue avec tous les partenaires de l’école pour éviter les grèves d’enseignants, d’élèves ou d’étudiants. Parce que ces grèves constituent l’autre obstacle conjoncturel qui empêche l’école ivoirienne de se positionner à la place qui devrait être la sienne.

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